Bento&co souffle ses 15 bougies

Bento&co souffle ses 15 bougies

Nous sommes le 23 novembre 2008. L’excitation est retombée maintenant que les Jeux Olympiques de Pékin sont terminés ; aux Etats-Unis, Barack Obama est élu président. Pendant ce temps, dans un petit appartement de l’ancienne capitale nippone, Kyoto, Bento&co voyait le jour. Un début modeste qui s’est fait avec l’aide de la famille et des amis, 400€ de marchandises stockées dans le salon et beaucoup de labeur.

Nous avons fait une pause avec Thomas Bertrand, fondateur et gérant de Bento&co, pour revenir ensemble sur ces 15 ans à partager une passion : celle du bento.

Qu’est-ce qui t’as inspiré à créer Bento&co ?

Thomas Bertrand - Tout a commencé quand j‘ai déménagé de France, dont je suis originaire, pour aller étudier au Japon en 2003. Quelques années plus tard, j’ai commencé un blog où je parlais de la vie au Japon et des nouvelles technologies. Le blog avait ses lecteurs réguliers, ce qui a alimenté encore plus ma fascination pour la culture japonaise. C’est comme ça que j’en suis venu à contempler l’idée de lancer une boutique en ligne pour créer du lien avec cette communauté grandissante.

Après y avoir bien réfléchi, j’ai choisi de vendre en ligne des boîtes à bento et leurs accessoires - autrement dit, des bento, mais sans la nourriture ! Mon goût pour la bonne chère n’y a pas été étranger. J’ai réalisé plus tard que, si l’attirance envers le fait de cuisiner et d’emballer son déjeuner pour l’école ou le travail était universelle, la diversité et le charme des bento japonais étaient, eux, bien unique au Japon. Des boîtes à déjeuner mignonnes ou encore pratiques, avec des tailles allant de petite à grande, qui ont bien plus d’attrait que les sacs à congeler ou tupperwares dont on a l’habitude chez nous.
Thomas in 2008

Thomas, en pleine préparation de commandes dans les débuts de Bento&co.

Peux-tu nous dire quels ont été les plus grands défis auxquels Bento&co a dû faire face dans ses débuts ? Comment les as-tu surmontés ?

Bien sûr ! L’un des premiers obstacles auxquels on a dû faire face était l’achat de marchandises : nos fournisseurs demandaient à ce que nos bons de commande soient envoyés par fax, mais nous n’en avions pas ! On a fini par en acheter un, mais j’avoue être soulagé de voir que maintenant, les choses sont passées au digital pour la plupart des fabricants.

Un autre challenge a été l’envoi de marchandises. Quand j’ai commencé Bento&co, je savais pas grand chose sur l’emballage et l’envoi de colis. On a appris de nos erreurs, surtout quand certaines boîtes étaient endommagées pendant le transport. Avec le temps, nous avons maîtriser l’art de préparer nos cartons avec soin et de choisir les bons services d’expédition.

Maintenant que j’y réfléchis, je pense qu’il était plus facile à l’époque de débuter et de vendre en ligne : il y avait moins de boutiques sur internet, donc moins de compétition et, aussi étonnant que cela puisse paraître, nous n’avons pas investi dans le marketing pendant les deux ou trois premières années.

Quand et comment as-tu été initié au bento ? Que contenait le premier bento que tu as mangé ?

Je pense que c’était lors de ma première année au Japon. Les bento sont omniprésents ici : dans les cartables des écoliers, dans les konbini, les supermarchés et même vendus dans la rue près des immeubles de bureaux.

Je ne me souviens pas exactement de mon premier bento ; une expérience mémorable, par contre, était celle d’un bento de luxe très élégant de Dôraku, un restaurant kyotoïte vieux de 380 ans réputé pour sa cuisine japonaise traditionnelle (kaiseki).

Bento from Doraku

Un bento kaiseki de chez Dôraku

Comment le marché des boîtes à bento, ustensiles et nourriture japonais a-t-il évolué au fil des années ?

Au fil des années, j’ai remarqué que la connaissance et la popularité des boîtes à bento a augmenté. Les gens sont de plus en plus attirés par la cuisine japonaise, et en même temps, l’idée de ranger joliment sa nourriture dans de belles boîtes devient de plus en plus attrayante.

Au-delà de nos efforts à Bento&co, l’essor des blogs puis des réseaux sociaux ainsi que l’influence de chefs connus ont permis de faire connaître cette culture. Ce qui a naturellement créé plus de compétition en ligne.

Certains pensaient que le bento était une mode qui ne durerait pas, mais pas moi : j’ai toujours pensais que ça durerait. L’attrait fondamental des gens pour la cuisine et le fait de manger, associé au charme d’une belle boîte, est quelque chose que je ne vois pas s’éteindre de si tôt.

Thomas and our Pierre Hermé display

Thomas prenant la pose devant notre étalage Pierre Hermé

Quels sont les moments dont tu es le plus fier ou qui t’ont rendu le plus heureux ces 15 dernières années ?

J’étais très heureux de pouvoir collaborer avec des marques célèbres, telles que Pierre Hermé et TOEI (Dragon Ball). Pouvoir travailler avec des noms aussi prestigieux et voir nos produits reconnu par de grandes entreprises est vraiment gratifiant.

Our officially licensed Dragonball lineup

Notre gamme de produits licenciés Dragon Ball, sortie il y a quelques années.

Au-delà de ça, je pense que la vraie réussite tient à notre constance : cela fait maintenant 15 ans que nous vendons et expédions des bento. Etre restés fidèles à notre mission de départ et être toujours là après tout ce temps est quelque chose dont je suis vraiment fier. C’est la preuve de notre dévouement et de notre travail, et de ceux des fabricants et artisans japonais avec lesquels nous travaillons.

Thomas and Hasehira-san, a master craftsman who makes our Miyama bento boxes

Thomas avec M. Hasehira, l’un des artisans japonais avec lequel nous avons l’honneur de travailler, et créateur des bento premium Miyama

Quel est le meilleur retour que tu aies reçu d’un client ?

Un client une fois m’a confié quelque chose de spécial. Il m’a expliqué qu’il ne connaissait pas grand chose au Japon avant, mais que le fait d’avoir acheté un bento chez nous l’avait fait s’intéresser à la culture japonaise. Le fait d’avoir acheté une boîte à bento l’a même amené à visiter le Japon ! C’est vraiment cool de penser que nos bento puissent introduire le Japon à quelqu’un comme le font déjà les mangas, les animés, les arts martiaux ou encore les jeux vidéos.

 

De quoi as-tu hâte pour l’avenir de Bento&co ?

J’ai vraiment hâte de voir plusieurs projets aboutir pour l’avenir de Bento&co. D’abord, j’aimerais me focaliser plus sur le développement de bento originaux. Le but, c’est de créer des produits innovants et créatifs.

Une idée serait d’étendre notre présence en ouvrir plus de boutiques physiques au Japon, ce qui nous permettrait d’être plus en contact avec nos clients.

Nous cherchons aussi à collaborer plus avec de chefs. L’un de nos objectifs est de faire du bento une part intégrale du monde de la restauration.

Et pour finir, nous avons un super projet qui se profile à l’horizon 2024. Je ne peux malheureusement pas vous en dire trop mais voilà un indice : “Bento & chill”.

 

Conclusion

Merci Thomas d’avoir pris le temps de discuter avec nous et de parcourir à nous ce long chemin qu’est l’entreprenariat à Kyoto, et de gérer notre équipe depuis 15 ans maintenant !

Merci aussi à vous, notre communauté mondiale de fans du bento qui nous inspirez chaque jour à travers votre créativité et votre amour de la cuisine, de la nourriture japonaise et de la culture du bento. Nous n’en serions pas là sans vous !

Et vous, quels ont été vos produits Bento&co favoris durant ces 15 dernières années ? Laissez-nous un commentaire pour nous le dire ou pour partager vos réactions et questions.

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1 comentario

Bonjour,
J’ai une bonne quinzaine de Bento.
Mais j’ai réussi à faire un très chouette combo : le bento Ispahan + les macarons Ispahan de Pierre Hermé + la confiture Ispahan de Christine Ferber pour Pierre Hermé !
Un chouette souvenir qui remonte à…. 2017 !
Et en novembre 2012 j’ai eu l’occasion de faire quelques achats dans votre jolie boutique. Hâte de revenir !
Bonne continuation !

Danièle

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